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 De franstaligen in Noord-België - Les francophones en Belgique du nord

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Belgica
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PostSubject: De franstaligen in Noord-België - Les francophones en Belgique du nord   Sat May 19, 2012 12:03 pm

Antwerpen is natuurlijk niet Vlaams, maar Antwerps-Brabants. Anvers n'est évidemment pas une ville flamande, mais anversoise-brabançonne.

En het echte Vlaanderen is eeuwenlang tweetalig Frans-Nederlands geweest, voor zover er vroeger een eengemaakte Nederlandse taal bestond - quod non.

Et la vraie Flandre a été bilingue néerlandais-français pendant des siècles, pour autant qu'il existait jadis une langue néerlandaise unifiée, quod non.


LLB

Le lent déclin des francophones de Flandre

Christian Laporte

Mis en ligne le 18/05/2012

L’identité flamande s’est construite aussi sur les francophones de Flandre. Sans vrai dialogue, ils disparaissent progressivement.

Entretien



La jeune historienne Céline Préaux jette un fameux pavé dans la mare nationale en se demandant si on ne vit pas la fin de la Flandre belge. Et fait œuvre utile en comblant une lacune énorme dans notre historiographie : jusqu’ici, les francophones de Flandre étaient les grands laissés pour compte des historiens comme si le sujet était trop délicat. Après un mémoire à l’ULB sur les francophones de Gand dans les années 1990, elle y a décroché un doctorat en histoire avec une étude comparative entre les francophones de Flandre et les anglophones du Québec.

Qu’est-ce qui vous a incité à travailler sur les francophones de Flandre à propos desquels il existe peu de sources ?

C’est justement cela qui m’y a poussé. On s’interroge volontiers sur l’immigration flamande en Wallonie, objet de livres mais aussi d’expositions et c’est fort bien évidemment. De même, de récents anniversaires ont focalisé les projecteurs sur l’immigration italienne ou marocaine mais pour ce qui est des francophones de Flandre, il n’existait pas d’étude globale. Je suis partie d’une hypothèse qui paraîtra étrange dans un environnement où l’on a tendance à tout simplifier à l’extrême et où l’on met volontiers de l’huile de feu : selon moi, la question linguistique telle qu’elle est vécue depuis les débuts de la Belgique au nord du pays n’oppose pas Flamands et Wallons mais c’est un conflit interne entre Flamands néerlandophones et francophones. J’ai conceptualisé cette hypothèse à partir de l’étude du cas d’Anvers.

“La” ville flamande par excellence…

C’est la capitale du nationalisme flamand mais aussi une cité au grand prestige international en raison du rayonnement de son port et de sa vie économique. Une ville aussi qui de ce fait a attiré de nombreuses communautés étrangères. Bref, Anvers est rapidement devenu un enjeu majeur pour le Mouvement flamand car ce centre de gravité économique était synonyme de nombreuses opportunités d’ascension sociale. L’enjeu à terme était d’arriver à imposer le néerlandais comme langue des affaires. Si on y parvenait, cela ne pouvait que valoriser la langue parlée par le peuple.
Mais le français domina d’abord…

Oui dans tous les milieux de pouvoir. Cela dit, si les élites socio-économiques étaient majoritairement francophones, tous les francophones n’étaient pas des privilégiés. Les élites se retrouvaient entre elles.

Vous le montrez bien à propos d’Anvers…

Jusque dans les années 1930, les élites francophones menaient un mode de vie "à la française". Elles avaient leur propre vie culturelle, associative et sportive et leurs propres associations professionnelles. Et leurs enfants complétaient souvent leur formation en France. Ce mode de vie ségrégué allait de pair avec un sentiment majoritaire. A aucun moment elles n’eurent conscience de former une minorité numérique en Flandre. C’est d’autant plus vrai qu’elles inscrivaient leur appartenance dans le cadre plus large de la Belgique dont l’ensemble était aussi culturellement dominé par les francophones. Et puis, ils dominaient sur le plan socio-économique. Mais de leur côté, les néerlandophones avaient une compréhension très civique de leur appartenance à la Belgique qui reposait sur deux races, deux communautés autour d’un contrat social commun unies dans une sorte de pacte social rousseauiste basé sur une grande égalité. En fait, ils voulaient être reconnus comme communauté à part entière avec des droits égaux à ceux des francophones. Or, il y a eu un déséquilibre avec la domination du français.

Les élites francophones de Flandre auraient pu reconnaître ces évolutions ?

Ils reconnaissaient les spécificités mais dans leur esprit, il fallait qu’une seule langue continue à dominer sur le plan national. Ce fut le français qui était la langue des Lumières mais aussi de la révolution contre le régime hollandais. Et puis c’était la langue de l’ascension sociale. Le flamand, c’était la langue des bonnes. Et les Flamands privés de reconnaissance dans l’Etat-nation belge unilingue vont s’insérer dans une nation sans Etat.

Le vent a tourné après la Première Guerre.

Oui, la flamandisation de l’Université de Gand fut un tournant à l’instar des nouvelles lois linguistiques et de l’instauration de l’unilinguisme régional. Autour de cela se développera le projet d’un Etat-Nation flamand où la langue a pris une valeur totalisante selon un phénomène qu’a bien expliqué Amin Maalouf à savoir qu’on s’identifie à ce qui est le plus attachant, en l’occurrence ce que l’on parle. On ne s’en éloignera plus avec la fin du recensement et la fixation de la frontière linguistiques. Un Etat flamand homogène se devait de reposer sur une seule langue officielle.
Il y a eu alors le rejet du français mais aussi des francophones de Flandre. Mais ces derniers n’ont pas vraiment réagi.

Non, ils n’ont pas vu que derrière tout cela il y avait une question politique et sociale et ont continué à se battre pour ce qui leur semblait plus essentiel alors, à savoir la pilarisation de la société. Et puis quand ils ont vraiment vu ce qui se précisait, il était trop tard pour combattre un nationalisme ethnique. Ils ont argué qu’ils n’étaient pas hostiles à la langue de la région, n’hésitant pas à mettre en avant leur diglossie mais en oubliant de rappeler que s’ils étaient bilingues, ils en réservaient auparavant l’expression dans les rapports de subordination.
Aujourd’hui la minorité francophone semble être en voie de disparition.

Elle l’est car les dirigeants politiques flamands n’accepteront jamais sa reconnaissance en tant que telle; ce serait contradictoire avec leur vision d’une Flandre homogène. Les francophones de Flandre se sentent désormais Flamands parce qu’ils ont peur de faire des vagues. Conséquence : ils organisent aussi de moins en moins d’activités culturelles parce qu’ils ne peuvent pas recevoir de subsides. Précision : il faut distinguer ceux qui habitent dans les provinces flamandes de ceux de la périphérie bruxelloise dont bon nombre sont des Wallons.
Votre vision n’est-elle pas trop sombre ?

C’est la fin d’un processus qui remonte à quarante, cinquante ans. On se rassure en disant qu’on n’est pas dans les Balkans mais c’est visiblement oublier ce qui s’est passé dans les années 1960 et suivantes : il y a eu des manifestations flamingantes très violentes qui ont progressivement amené les francophones à ne plus organiser de manifestations culturelles publiques ou à faire célébrer des messes en français. On a oublié qu’on a été jusqu’à poser des bombes dans les journaux francophones de Flandre. Finalement les bourgmestres les plus ouverts n’acceptaient plus d’activités francophones pour des raisons de sécurité. Lorsque nous avons organisé un colloque à l’Université d’Anvers, le bourgmestre Janssens n’a donné son accord que si l’on admettait la présence dans la salle de policiers en civil. Et ce climat a aussi pénétré les esprits : certains ont peur, au point de refuser de témoigner pour une recherche scientifique. Cela explique pourquoi il n’y a pas de véritables études sur les francophones de Flandre.

Ils se sont aussi tus car ils avaient peur d’être traités de fransquillons…

Le Mouvement flamand s’est appuyé sur une série de mythes : celui de la victoire des Eperons d’or de 1302, celui du commandement en français dans les tranchées de l’Yser, etc. qui ont débouché sur une sacralisation et un blocage sur les différences et qui ont créé une image négative des francophones de Flandre. Paradoxalement, qu’ils le veuillent ou non, ils occupent une place de choix dans la construction de l’identité flamande.

Combien y a-t-il de francophones en Flandre. Selon un sondage réalisé par l’Association pour la promotion du français, ils seraient quelque 367 000.

L’on n’en sait absolument rien pour la bonne raison que le recensement linguistique a été supprimé il y a un demi-siècle. Il est vraiment impossible de déterminer leur nombre quoi qu’en dise l’APFF. Et en tout état de cause, il faut ici aussi séparer ceux qui vivent dans les provinces flamandes de ceux de la périphérie.

Pensez-vous que lorsque la Flandre aura tous ses apaisements sur ses frontières elle pourrait être plus coulante ?

Si c’est à la signature de la convention-cadre sur les minorités que vous pensez, vous vous faites des illusions. Combien de Wallons et de Bruxellois francophones sont prêts à se battre pour elle ?
Qu’est ce qui vous a amené à vous intéresser de la sorte à cette question ?

Depuis mon enfance, je suis ouverte à la Flandre de par mes études : je les ai faites dans les athénées flamands d’Etterbeek et de Woluwe-Saint-Pierre. Mais quand j’en suis sortie, je n’étais pas loin de partager les visions des nationalistes flamands. Imaginiez-vous que l’on donnerait en Belgique francophone en terminale secondaire pendant tout un trimestre un cours sur la question linguistique au cours d’Histoire ? Ajoutez à cela un fossé abyssal en matière d’information dans les médias des deux communautés. L’on ne se connaît plus et cela ne va pas s’améliorer. C’est comme s’il existait déjà deux pays. C’est aussi pourquoi je pense que mes travaux dérangent : les francophones par leur volonté de domination au début de la Belgique et les néerlandophones qui mettent tout en œuvre pour homogénéiser leur région n’aiment pas que l’on épingle ces dérives respectives.

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