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 Un Belge a joué le séparatiste au Québec

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PostSubject: Un Belge a joué le séparatiste au Québec   Mon Feb 25, 2013 10:33 pm

Etonnante histoire.

LA LIBRE BELGIQUE



Georges Schoeters avait été réformé de l’armée belge

Christophe Lamfalussy

Mis en ligne le 25/02/2013

Les historiens de l’armée ont retrouvé la fiche du “Belge qui voulait libérer le Québec”.

Georges Schoeters, considéré comme l’un des fondateurs du Front de Libération du Québec (FLQ), un mouvement violent revendiquant, dans les années 60, l’indépendance de la province canadienne, avait été réformé de l’armée belge pour des raisons médicales en 1951.

Le Centre de Documentation historique de la Défense a, en effet, retrouvé la "fiche matriculaire" de cet Anversois, né le 22 avril 1930, dont l’itinéraire étonnant a été raconté dans les colonnes de "La Libre Belgique" les 4 et 5 janvier derniers.

La fiche confirme ce qu’on savait déjà, à savoir que le jeune Belge portait le nom de sa mère, Madeleine Schoeters, et que son père était de nationalité étrangère. Mais elle révèle aussi que Schoeters, astreint à un service militaire de douze mois, a été réformé pour des raisons médicales.

Schoeters (alors domicilié à Ixelles, au 56, rue de la Longue Haie) s’est présenté le 3 janvier 1951 au Petit Château, le centre de sélection des futurs miliciens. Il a été envoyé en observation à l’hôpital militaire de Bruxelles qui l’a déclaré inapte au service militaire, "définitivement", le 12 janvier.

Celui qui a affirmé au Québec s’être battu dans la résistance belge pendant la Seconde Guerre mondiale, sans jamais pouvoir être reconnu comme tel après la guerre, n’a donc pas fait son service militaire en Belgique.

Cette information est intéressante, car la littérature sur l’histoire du FLQ le présente comme le logisticien, voire comme l’artificier du groupe qui allait commettre plusieurs attentats à partir des années 60. On peut donc supposer que les capacités militaires de Schoeters ont été acquises lorsque le révolutionnaire belge s’est déplacé à Cuba, puis chez les Fedayins en Tunisie et en Algérie, au cours de divers séjours entre 1959 et 1962.

Sans réelle attache en Belgique, désireux de refaire sa vie, Schoeters avait émigré au Canada en 1951. Il s’est radicalisé au Québec, fasciné par Fidel Castro et Che Guevara.

Les historiens de la Défense nationale doutent que Schoeters ait pu faire partie de la résistance belge, même s’il existe quelques cas de jeunes adolescents qui ont été reconnus par la suite comme résistants. "On tombe régulièrement sur des cas de gens qui ont raconté des histoires", nous dit un historien militaire. "Vu l’âge de Schoeters pendant la guerre et sa réforme médicale, j’ai de forts doutes." Par ailleurs, les archives de la Witte Brigade à Anvers et du Groupe G, duquel Schoeters se revendiquait, ne contiennent pas de références au jeune Anversois.

Alors, Schoeters s’est-il bâti un mythe personnel pour épater ses collègues révolutionnaires québécois ? C’est possible.

Le chanoine François Houtart, qui l’a connu dans les années cinquante, n’exclut pas cette hypothèse. "Il avait certainement besoin de compensation en termes de reconnaissance sociale. Mais on ne peut exclure totalement quelques actions de transmission" pendant la seconde guerre, réagit François Houtart. Ce mystère-là demeure.



Georges Schoeters, le Belge qui voulait libérer le Québec

Christophe.Lamfalussy@lalibre.be

Mis en ligne le 06/01/2013

Dans les années 60, Georges Schoeters fut l’un des fondateurs du FLQ. Il fraya avec Che Guevara. Il est mort dans l’oubli le plus total en Suède. Quel fut son parcours ? "La Libre" a enquêté sur l’histoire de cet Anversois, dont le dossier à la Sûreté est toujours classé secret.

Le 25 décembre 1967, jour de Noël, un certain Georges Schoeters est placé dans un avion à Montréal à destination de Bruxelles. L’homme est plutôt costaud, de taille moyenne, ses cheveux sont en brosse, ses lunettes sont épaisses. Il a 37 ans. Il vient de passer trois ans et sept mois en prison.

Schoeters a la nationalité canadienne, mais il est né à Anvers le 22 avril 1930. Son retour dans son pays natal se déroule dans la plus grande discrétion. La presse n’en parle pas. Les autorités belges ne sont pas vraiment heureuses du retour de cet encombrant personnage...

Georges Schoeters est en effet l’un des fondateurs du Front de Libération du Québec (FLQ), un groupe qui a revendiqué plusieurs attentats au Canada et réclame, en s’appuyant sur fond de révolution cubaine et de décolonisation, l’indépendance de la Belle Province. C’est un agitateur né, et la Belgique d’alors n’avait pas envie de voir s’installer chez elle - et surtout à Louvain, où il voulait terminer ses études - un homme qui risquait d’attiser les tensions communautaires dans la ville universitaire.

Qui était Georges Schoeters ? D’où venait-il ? Quand est-il mort ? C’est à ces questions que La Libre Belgique va tenter de répondre. Après de longues recherches, elle a retrouvé certains témoins de l’époque et éclairci les dernières années de la vie de Schoeters jusqu’ici restées mystérieuses.

Très peu a été écrit sur ce Belge qui voulait libérer le Québec. Son dossier est toujours classé "secret" à la Sûreté de l’Etat. Et pourtant, sa trajectoire fut étonnante et tragique.

Une enfance tourmentée

Georges Schoeters est un enfant illégitime, un francophone né à Anvers d’une mère flamande et d’un père inconnu qui aurait été un diplomate des Balkans. Il a vécu au 16 rue Valkenburg à Berchem. Ce qu’on sait de lui tient surtout à ce qu’un psychiatre d’origine suisse, Gustave Morf, a appris de lui lors de ses visites à la prison fédérale de Saint-Vincent-de-Paul (Canada) où le fondateur du FLQ était détenu.

Le jeune Schoeters a grandi dans un orphelinat belge jusqu’à l’occupation allemande. Durant la guerre, il fut, vers l’âge de 13 ans, messager pour le compte de la résistance belge. Les soldats de la Wehrmacht, disait-il, ne se souciaient pas de lui, un minuscule espion.

Cet épisode est cité dans de nombreux ouvrages relatifs au FLQ et considéré comme un des éléments fondateurs de la personnalité de Schoeters et de ses capacités en matière d’explosifs. Pourtant, son appartenance à la résistance est loin d’être claire. Certains affirment qu’il opéra pour le compte de la Witte Brigade très active à Anvers, mais les archives de ce réseau, dans la ville portuaire, et celles du Ceges à Bruxelles ne mentionnent pas son nom. Les fichiers de l’Armée secrète dans l’arrondissement d’Anvers ne le signalent pas non plus.

L’absence de toute information sur le passé de résistant de Schoeters peut s’expliquer "car il fallait avoir 14 ans pour être reconnu résistant", note Paul-M. Renard, secrétaire général de la Royale Union des Services de Renseignement et d’Action. "A son âge, il ne pouvait se voir confier de missions importantes et donc ne pouvait pas fort logiquement jouer un rôle qui aurait pu le faire arrêter". Plusieurs résistants en herbe ne furent jamais reconnus après la guerre. Mais il se peut aussi que Schoeters ait exagéré son rôle de résistant.

Messager pour la résistance ?

Les archives du Ceges contiennent cependant une fiche sur Schoeters émanant de la Sûreté de l’Etat. Elle indique que le jeune Anversois chercha après la guerre à se faire reconnaître comme un membre du Groupe G, un groupe de sabotage contre l’occupant créé dans les milieux de l’ULB. L’agent considéra après examen du dossier que le jeune Schoeters avait eu une "activité insuffisante" dans le domaine du renseignement et ajouta que sa demande devait être traitée par la Résistance armée.

Durant la guerre, grâce à la Croix-Rouge, Schoeters effectua deux séjours de trois mois, en 1942, dans une famille suisse qui habitait près du lac d’Obersee, non loin de Zürich. Les Neukomm devinrent une famille adoptive et jouèrent un rôle important bien plus tard, quand Schoeters devint persona non grata un peu partout en Europe. Les époux Neukomm, qui habitaient Stafä, une commune de 14000 habitants, sont aujourd’hui décédés.

Dans son livre, intitulé "Le terrorisme québécois" (1970), Gustave Morf dresse une biographie peu précise de Schoeters. L’auteur explique que sa mère ne lui rendit jamais visite pendant toute la guerre et qu’en plus, "il fut le témoin de scènes atroces, de fusillades, d’exécutions de maquisards, de jeunes gens tout simplement soupçonnés d’appartenir à la résistance belge".

Schoeters raconta plus tard qu’il avait été marqué par ces années où il devait se tapir dans la forêt pour échapper aux patrouilles allemandes, avec ses messages en poche.

Au foyer du chanoine Houtart

Tourmenté par l’expérience de la guerre, le jeune Anversois est placé après la guerre dans un collège classique. Il n’y reste pas longtemps et fait sans doute quelques mauvais coups. En 1947, il "monte" à Bruxelles où il devient commis de bureau. Il est recueilli dans le foyer de la Jeunesse ouvrière chrétienne (JOC), au 31 rue Philippe Le Bon à Bruxelles. "C’est à ce moment-là que je l’ai connu", nous raconte le chanoine François Houtart, l’aumônier qui allait être ordonné prêtre en 1949. "Ce foyer des jeunes travailleurs accueillait des enfants du juge."

Le foyer autorisait les jeunes à travailler en ville pendant la journée et les gardait pendant la nuit. Il était tenu par un jeune couple. "Pour ma part, je travaillais dans un garage de la chaussée de Haecht à Schaerbeek. Je gagnais sept francs l’heure. Cinq francs allaient au foyer, les deux restants me permettaient de payer mes sorties", raconte Jean Buvens, un ancien jeune du foyer qui a connu Georges Schoeters, aujourd’hui retraité en Allemagne.

Une "cabane au Canada"

Dans la Belgique de l’après-guerre, les jeunes du foyer rêvent de quitter la Belgique. Certains vont s’engager dans la guerre de Corée, d’autres, comme Schoeters, rêvent d’Amérique, et plus précisément du Canada et de ses mines d’or.

Déraciné, Schoeters voulait faire sa vie ailleurs. Il rêvait d’avoir sa "cabane au Canada". Il partit en 1951, après avoir revu sa famille adoptive en Suisse. Il s’embarqua à Rotterdam dans un paquebot pour New York. Le voyage dura quatorze jours.

Dans une lettre émouvante écrite cette année-là aux jeunes du Foyer, une lettre miraculeusement conservée par Jean Buvens, il leur souhaite le bonheur de trouver un nid familial et les remercie pour les années passées auprès d’eux. "Croyez-moi", écrit-il, "si vous continuez à rester sur le droit chemin et que vous gardez le même courage, je suis certain qu’un bel avenir vous est réservé où le soleil luira souvent. J’espère que ceux qui plus tard auront un foyer auront beaucoup de chance et pourront afficher dans leur maison : ici règne tous les jours le bonheur en maître".

Schoeters ne cache pas qu’il a traversé l’Atlantique pour refaire sa vie, mais écrit quand même à ses amis : "Je tiens à vous dire que vous habitez un bien beau pays qui n’a certainement rien à envier à personne et que si jamais un jour ma nationalité devient canadienne comme je l’espère, malgré tout je suis et resterai Belge de cœur".

Que fera-t-il au Canada ? Manifestement, l’exil canadien est dur à Montréal. Il travaille comme aide dans un restaurant, puis comme ouvrier électricien pour les chemins de fer de la Canadian Pacific (CP). François Houtart, qui poursuit ses études en sciences sociales à Chicago, vient le voir à Montréal. Le jeune Schoeters est en dépression. Houtart doit traverser les Etats-Unis pour revendre sa voiture à San Francisco. Il prend Schoeters avec lui. "Nous avons voyagé aux Etats-Unis pendant au moins quinze jours", se rappelle-t-il. "Un des symptômes de sa dépression est qu’il parlait, il parlait sans arrêt. Mais il n’était pas politisé."

Schoeters, qui se débrouille dans quatre langues, est finalement engagé au service d’accueil des immigrants. Il s’inscrit en 1953 à l’Université de Montréal pour un baccalauréat en sociologie et en économie politique. L’avenir, enfin, semble s’éclaircir.

La même année, en 1953, François Houtart se rend pour la première fois à Cuba, avec Monseigneur Cardijn, pour le Congrès de la JOC d’Amérique centrale et de la Caraïbe.

Les deux hommes entament des destins séparés, l’un en Belgique, l’autre au Québec. Ils ignorent à ce moment-là que la révolution qui, quelques années plus tard, en 1959, va propulser Fidel Castro au pouvoir à Cuba sera un élément fondateur de leur vie. L’un deviendra celui qu’on surnommera le "chanoine rouge" et le "Pape de l’altermondialisme". L’autre s’engagera dans l’action violente, pour libérer le Québec des "requins voraces" de la finance et du patronat, exploiteurs "sans scrupules", dira le manifeste du FLQ.

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